On a avorté

Jeunes, adolescents, irresponsables, en perpétuelle recherche de liberté, en pleine construction de nos vies, de ce qu’on était, insouciants, ne vivant que le présent furent les mots pour décrire notre couple. N’étant même pas encore majeur, par accident, ça nous est arrivé à nous aussi. Jules et moi avons appris qu’on allait devenir parents. Tel un tsunami ayant détruit une partie de la Chine se fut la réaction que nous eûmes. Le monde s’est écroulé, nous n’étions pas près à tout cela, nos amis nous tournaient le dos et nous regardaient de travers comme pour nous juger.

D’un point de vue plus approfondi, nous n’avons jamais pensé à élever un « bambin », nos moyens ne nous permettaient pas d’avoir un gosse ; comment aurait-on pu le nourrir ? Grâce aux argents de poche respectifs que nos parents nous donnent ? Je n’avais même pas fini de vivre ma vie de jeune fille que j’allais devoir être mère. Non, cela ne nous conviendrait aucunement après concertation. On a décidé d’avoir recours à l’avortement et de supporter les conséquences de notre choix.

L’incapacité d’assumer

Une bouche à nourrir ? Pas possible pour nous et cela ne convenait pas à tout ce que l’on avait imaginé. Sans aucun diplôme comment ferait-on lorsque cette enfant devra aller à l’école ? L’éduquer correctement rime avec argent et nous, on dépend encore de manière inconditionnée de nos parents. On a pris rendez-vous chez le médecin pour un avortement consenti, et on a retiré ce bébé qui représentait un fardeau pour nous.

Cette manière de ne pas assumer résulterait alors d’une irresponsabilité d’assumer un fait consenti aux moments de l’acte, mais que nous avions daigné rejeter en apprenant les conséquences de nos actes. Un conseil alors à tous, apprenons à assumer nos actes et montrons-nous responsables face à tout ce que l’on accomplit.